Les clés pour bien comprendre « la génération Y »

 

Pour vous, la synthèse d’une conférence très intéressante…..

J’ai eu le plaisir d’assister en novembre dernier  à une conférence organisée par l’Association Française pour l’Image Personnelle et Professionnelle, intitulée « Génération Y, nouveaux codes, nouvelle image : comment les 20/30 ans bouleversent les codes dans les entreprises ». http://www.afipp.org/home.html .
Des experts de divers horizons y intervenaient : spécialistes des sciences neurocognitives, spécialistes RH, un réprésentant d’Ipsos  (une bonne partie des idées présentées ci-dessous est issue d’une enquête menée  en France, ), mais aussi des représentants de la fameuse génération Y, venus en personne s’exprimer sur leurs propres caractéristiques.

Génération Y : de quoi parle-t-on ?

 

On en entend parler depuis plusieurs années. C’est devenu une tarte à la crème du milieu professionnel : les différences entre génération X et générations Y, et les conflits qui peuvent en découler.
Pour préciser les termes, puisqu’à la notion de génération correspond un nombre d’année,  la génération Y est composée des individus âgés de 18 à 34 ans, la génération X des + de 35 ans.
C’est à Benjamin Cheminade, spécialiste des questions RH et du « Talent Management », que nous devons ce  concept  de Génération Y, concept, devenu selon lui trop caricatural. Un point de vue partagé également par Pierre Moorkens, président de l’Institut de NeuroCognitivisme, qui reprend lui aussi l’idée non pas de Génération Y mais de Culture Y.
Ainsi,  il n’y a pas de génération différente mais des modifications dans nos attitudes et nos stratégies comportementales.
Il s’agirait donc plus de conflit de mode de fonctionnement que de conflit de génération.

 

Qu’est ce qui les différencie au fond ?

Ils ont des codes codes bien repérables.

  • Pour commencer, ils sont tous et toutes HYPERCONNECTES ! A leurs ordinateurs, leurs smartphones, leurs tablettes….bref ils ont des extensions aux doigts (virtuelles les extensions bien sûr !). Et pour les chiffres, sachez que d’après l’étude 78 % disent avoir besoin d’un portable, 1/10 de 18 à 34ans, dort avec le portable.
  • Question vêtement, vous repèrerez rapidement leur style au boulot :  ils adorent  le style « casual », au point de passer du du casual friday au casual today, voire casual each day !
    Mais attention, sachez que la cravate et le costume ne les rebutent pas pour autant, ils seront rangés dans leur garde-robe à la case « en cas de réunion client important ». En clair, ils aiment les codes décontractés et informels mais ne sont pas opposés à un certain formalisme si celui-ci s’impose.
    Et question de style encore, vous n’en croirez pas vos yeux car ils n’hésiteront pas à mixer des couleurs non assorties… A eux le rose et le vert, le jaune et le violet, ils aiment sortir des chemins du bon goût tracé par les  « X ».
  • Les montres et accessoires sont digitaux, ou ne sont pas.

Des comportements typiques :

  • Ce qui les rend « incroyables » aux yeux de leurs collègues ? Ils sont natures ! Au boulot comme dans la vie : il n’y a pas ou peu de frontière, ils sont eux-mêmes !
  • Dans le même ordre d’idée, leur façon d’entrer en contact avec les autres est simple et sans fioriture, ils font ainsi facilement confiance aux autres (au moins à un premier niveau de relation). Ils sont en contact avec beaucoup de gens et tout le temps, car ils sont des fans de réseaux sociaux. 87% des 15/24 sont sur un ou plusieurs réseaux sociaux.
  • Et aussi, des rituels bien à eux : la communication généralisée et en temps réel sur facebook ou twitter…des logos – smileys – pictogrammes…ainsi qu’un vocabulaire.
  • D’ailleurs à propos de langage, il faut leur parler franc et direct : aller droit au but est leur mode de communication privvilégié. Soyez donc clairs et précis si vous leur parlez, évitez les tournures alambiquées et les phrases à rallonge !

D’autres valeurs :

  • C’est sûrement ce qui choque le plus la Génération X qui se lamente : « ils n’ont pas les mêmes valeurs » !
    • Terminé la notion d’ordre pré établi, où chaque chose a sa place et arrive en son temps, avec eux, les choses bougent et se placent comme bon leur semble, tout peut arriver à n’importe quel moment, inutile de stresser à tout planifier ou prévoir.
    • Terminé aussi l’importance donnée à la notion de hiérarchie, celle-ci ne signifie rien en tant que telle : avis aux managers !
    • Avec eux, le succès repose sur le collectif et non sur la performance individuelle comme l’ont longtemps pensé les travailleurs de la Génération X.
    • Mais alors en quoi croient-ils ?
      • A la liberté et à l’authenticité, ils aiment choisir et pas subir, c’est la raison pour laquelle ils préférent les cadres informels au sein desquels ils recherchent équilibre et harmonie. Ils aiment la sincérité qu’ils placent bien avant la politesse et le savoir-vivre sur leur échelle de valeur.
      • Pour autant, ils sont sensibles à leur image et à l’opinion que les autres auront d’eux.
      • Peu engagés, ils ne portent pas la révolte ! Et s’ils peuvent être préoccupés par des thèmes telle l’écologie,  ils ne s’engagent pas dans l’action. Aussi, ils n’adoptent pas de posture politique, car ils demeurent avant tout centrés sur leur cercle restreint.
      • Ils voient dans la consommation, un plaisir rassurant. Et ayant peu de pouvoir d’achat, ils se lancent donc avec délice à la recherche de petits prix, d’astuces pour mixer le « cher » et le « pas cher ».

Identiques au travail comme à la ville, ils bousculent les codes :

  • Leur rapport à l’autorité différent et débridé :  le chef est reconnu comme celui qui aide et soutient, c’est ce qui lui confère son autorité. (et pas du pouvoir d’être chef) Du coup, le bon manager est celui qui sait animer un projet et qui prouve son courage dans la conduite des missions.
  • Autre changement : exprimer ses émotions est perçu comme un comportement professionnel, ce qui paraissait totalement inacceptable à la Génération X.
  • La frontière entre l’individuel et le  collectif n’existe pas ou que très peu, on passe ainsi très facilement d’unmonde à l’autre.
  • Leur temps étant celui de l’immédiateté, ils sont très peu patients et recherchent des astuces pour aller encore  plus vite au but.

Ce que j’ignorais des Y

J’avais déjà pas mal étudié la question (pour avoir de nombreux « Y » dans mes stages et être moi-même la maman de jeunes « Y »…) mais j’ai été étonnée d’entendre ces quelques vérités issues de l’enquête Ipsos. Ces infos là me semblent essentielles car elles permettent de mieux comprendre leurs aspirations profondes. C’est essentiel pour ne pas rester sur des a priori.

Dans la vie en général :

  • Ils sont inquiets ,  face au travail et à l’argent : 70% ont peur de la misère et du manque d’argent, 82% font des économies,  un jeune sur deux est aidé par ses parents .  Un objectif dans la vie : gagner de l’argent pour 1/3
  • Ils sont des valeurs plutôt « traditionnelles » :
    • il faut mettre de l’ordre en France : oui pour 71 %
    • recentrage familial très fort (en opposition avec la tendance au divorce)
    • besoin de sécurité
    • Ils manquent de confiance en eux, ont besoin de soutien et d’encadrement de la part des plus âgés

Au travail :

  • Le travail est jugé très  important : c’est pour exu un signe de réussite (pour 52%), c’est pour l’ensemble une réelle préoccupation « sans travail on n’existe pas »
  • Ils aiment travailler (92%)
  • Mais ils ont intégré l’insécurité : 61 % pensent qu’ils pourront être confrontés au chomage, ils privilégieront un travail stable même s’ils ne leur plait pas pour 66 %
  • Ils veulent bien s’engager dans un projet mais pas dans uns tructure : leur sentiment d’appartenance à l’entreprise est faible, cela explique qu’ils ne soient que peu ou pas impliqués dans l’action sociale
  • Ils ont le sentiment de ne pas être reconnus par les plus anciens, pensent qu’on ne leur fait pas confiance et attendent de la compréhension de la part de leurs managers

Le vrai problème X/Y

Si les Y ont fait beaucoup d’encre c’est qu’au fond, ils dérangent par leurs comportements, codes et autres façons de réagir. Dans les entreprises comme dans l’éducation, nombreux sont ceux qui se sont ou se confrontent encore à ce qu’ils ne comprennent pas très bien. Cela interroge sur de nombreux points :

  • Notre capacité d’adaptation et de changement :  en 2015 45 % de la population sera Y , il est essentiel de nous adapter . Il ne s’agit pas de confronter des savoirs et options mais de créer de l’intelligence collective.
    • Nos modèles de management :  puisque le modèle de management est remis en question par les GY, il faudrait repenser le management sur un mode horizontal (rappel : le manager a de l’autorité par ce qu’il prouve dans sa gestion d’équipe et de projet)
    • Nos modèles de formation doivent répondre à des besoins différents :
      • ils ont besoin d’être rassurés
      • ils attendent du confort et n’apprécient pas l’inconfort
      • ils apprécient le langage simple et direct
      • ils sont mauvais en orthographe…

 

Après cette journée de présentations et de réflexion, tous et toutes sommes convenus qu’il s’agissait avant tout d’un débat sur le changement,  l’ouverture et  la créativité.
Saurons-nous inventer AVEC la génération Y les modèles qui porteront nos aspirations ?

Un joli challenge à relever….au quotidien !

Posted under: conflits, créativité, experts, management, relations interpersonnelles

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