Lu pour vous : les émotions au travail ? même pas mal !

Lu pour vous : une rubrique ponctuelle

Je vous souhaite vous proposer de partager les enseignements issus de mes livres fétiches
. De temps en temps, je publierai donc dans la rubrique « Lu pour vous » quelques morceaux choisis en lien bien-sûr , avec notre préoccupation du stress au travail.

 

Pour commencer, j’ai choisi de piocher dans celui-ci :  « de l’analyse transactionnelle à l’action transactionnelle ».  Il a été co-écrit par Claudine Catry, Gilda Derouet et Jean-Louis Muller et co-publié par ESF et Cegos. C’est vrai qu’il n’est pas tout récent (2002) mais il demeure  à mon avis totalement indémodable !

Il traite de la façon dont nous interagissons les uns avec les autres dans des situations données et de nos capacités à atteindre ou non nos objectifs sans entrer en lutte (avec nous même ou avec autrui). Son but est de fournir à toute personne travaillant en entreprise, un minimum de connaissances théoriques et pratiques sur les phénomènes  psychologiques qui se trament au quotidien dans nos relations professionnelles.  Pour moi qui forme tout au long de l’année des salariés de tous secteurs et toutes fonctions confondues aux pratiques d’une communication efficace, il est évident que les compétences relationnelles sont celles que l’on valorise le plus aujourd’hui dans le monde du travail.

Si l’analyse transactionnelle est parfois délicate à vulgariser, les auteurs ont réussi leur pari d’en extraire des pistes de réflexion et d’action claires et reproductibles. Bon, autant vous le dire, les auteurs sont formateurs…..ça aide pour écrire en bon pédagogue.

Faites de vos émotions des alliées.

Parmi de nombreux thèmes développés dans cet ouvrage, celui  traitant des émotions m’a  semblé intéressant à partager avec toutes celles et ceux qui ont du mal à gérer leurs émotions et se demandent souvent qu’en faire au travail ? Rares sont les formations que je mène, sans qu’un stagiaire ne me dise  que les émotions ne sont pas les bienvenues sur leur lieu de travail et que tout le monde s’arrange pour limiter au maximum les « débordements émotionnels ». Dès lors que l’on parle de « débordement », on est eu plein dans le sujet de la gestion des émotions, et je comprends souvent derrière ce que ces stagiaires me disent que la croyance générale est de dire qu’il est tellement difficile de gérer ses émotions qu’il vaut mieux complètement s’asseoir dessus !

 

Vos émotions sont de super agents informateurs
Que faire de ses émotions au travail ? La réponse à cette question pourrait être  : vous avez des émotions ? Chouette, bonnes ou mauvaises, ce sont des signes que vous êtes vivants !
Blague à part, sachez pour commencer, qu’une émotion est un signal sensoriel que vous donne votre cerveau pour vous informer que vos besoins sont ou ne sont pas satisfaits. Car derrière chaque émotion se cache un besoin : besoin de réconfort (tristesse), besoin de sécurité (peur), besoin de changement ou de réparation (colère), besoin de maintien de l’état (joie ou plaisir) etc.. On parle bien d’émotions car ce sont elles qui (selon l’analyse transactionnelle) génèrent toute la palette de sentiments plus ou moins complexes (déception, énervement, soulagement, irritation, …..). Ces émotions agissent donc  en informateurs et nous poussent donc à engager une action pour satisfaire notre besoin.

 

Emotion Information  sur la situation Action à engager pour aller dans le sens du besoin
Peur Danger , insécurité Demander de l’aide, se protéger…
Colère Obstacle, injustice Changer quelque chose, réparer …
Tristesse Perte, abandon, vide Réconfort, acceptation…
Joie Réussite, gain Maintenance, partage

 

Les croyances ont la vie dure. A ceux qui pensent encore que les émotions n’ont pas leur place dans le milieu du travail, insinuant ainsi que seules logiques et rationalité y font loi, je pose la question :  l’être humain est au moins tout autant émotionnel que rationnel, comment pourrait-il s’asseoir sur ses émotions ?
Tous ceux et toutes celles qui ont testé la méthode consistant à les enfouir ou à s’asseoir dessus en bien vu les effets : tôt ou tard, les émotions non exprimées ressortent sous des formes inattendues et parfois douloureuses. Ces phénomènes sont parfaitement bien expliqués dans le livre de Catry, Derouet et Muller.

 

Le piège de l’émotion refoulée 

Lorsqu’une émotion ressentie n’est pas exprimée, et à fortiori lorsqu’il s’agit d’une émotion forte, elle est en fait stockée. Impossible donc de l’éliminer, ni même d’en diminuer la charge, elle va ressortir un jour sous une forme exacerbée : c’est que l’on appelle  » le timbre  » en analyse transactionnelle. Les personnes qui « timbrent » ayant tendance à le faire de façon récurrente  l’analyse transactionnelle appelle cela « la collection de timbres« .

La pression actuelle qui s’est installée dans les entreprises sous l’effet de la crise économique, du sentiment d’urgence, et de tous les phénomènes bien connus de tous ; renforce les maladresses relationnelles quotidiennes. Un manager pressé qui ne prend pas de gants pour recadrer son collaborateur ; un collègue stressé qui ayant le sentiment de perdre son temps en réunion vous coupe la parole pour accélérer le débat …ces petites scènes bien ordinaires « sont autant d’occasions d’ouvrir des collections de timbres » nous rappellent les auteurs du livre. Et une fois la collection ouverte, il est encore plus difficile par la suite de gérer ces fameuses émotions. Car l’émotion refoulée attend; tapie dans votre cerveau, qu’une situation alibi ne se présente, pour sortir de vous et s’exprimer, enfin ! Seulement voilà, il y a de fortes chances que la forme vous échappe un peu, et que ce petit agacement initial caché au fond de vous ne se transforme en une réaction agressive, totalement incompréhensible pour votre interlocuteur.
Ce genre de situation est un formidable terreau pour les conflits.

 

Comment le dire sans exploser ou fondre en larmes ?

C’est bien clair : mieux vaut exprimer ce que l’on ressent, seulement voilà, comment le faire sans que justement cette fameuse émotion ne nous dépasse et ne nous envahisse, au risque de perdre complètement le contrôle de nos propos ?
Voici quelques règles et méthodes pour éviter cela.

  1. Prendre conscience des mécanismes du timbre et l’éviter à tout prix car à terme, le timbre nuit à la santé et génère des conflits.
  2. Vous dire que votre interlocuteur est sûrement maladroit, tout comme vous pouvez l’être lorsque vous êtes sous stress. Cela vous évitera de le considérer comme quelqu’un de nuisible et foncièrement méchant, ce qu’il n’est sûrement pas.
  3. Exprimer ce que vous ressentez sans attaque (pour que la personne puisse l’entendre) et de façon la plus claire possible en utilisant le modèle des 4 P :
  • présenter les faits ou les mots maladroits
  • partager vos émotions
  • proposer un changement ou une solution
  • positiver les effets qu’auront ce changement sur vos relations futures (ou sur le travail)

Enfin,  si l’émotion est trop forte et que l’expression à l’autre se révèle difficile : ne répondez pas ou ne régissez pas sur le coup. Respirez,  et signifiez que vous accusez réception mais que vous préférez en reparler plus tard.

Rien ne vous oblige à réagir de façon impulsive à une remarque ou un comportement qui déclenche en vous des émotions négatives fortes. Au contraire, il est à ce moment là urgent de réfléchir au pourquoi de votre réaction : rappelez vous, votre émotion vous informe sur ce qui a été touché en vous. Laissez vous donc le temps de comprendre votre réaction et de pouvoir exprimer ce que vous souhaitez. Pour autant, il n’est pas bon de faire comme si tout allait bien, sous prétexte que vous devez réfléchir ! Cela reviendrait à nier vos ressentis.
Vous pouvez donc dans ces moments là accuser réception du message en signifiant votre ressenti et votre besoin de réfléchir. Exemple : « j’ai du mal à accepter ce que vous me dites, je préfères y réfléchir et en reparler avec vous » ou bien  »

 

Testez, doucement mais sûrement, d’abord dans des contextes peu difficile puis dans des contextes plus tendus pour vous sentir de plus en plus à l’aise avec cette méthode.

Et si vous souhaitez en savoir plus sur l’analyse transactionnelle et mieux comprendre les mécanismes interpersonnelles qui vous polluent la vie au quotidien, je vous conseille vivement la lecture de ce livre. Et très bientôt, d’autres encore…..
Cela dit, vous en avez certainement aussi à nous faire partager. N’hésitez pas à le faire en laissant vos commentaires. 

Posted under: gestion des émotions, lu pour vous, relations interpersonnelles

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2 comments

  • Metrosapiens on at said:

    Excellent article, en ce qui me concerne l’AT permet de repérer les stratégies de réussite ou de non réussite propres à chaque personne. Et de comprendre et utiliser les formes de communications adaptées à vos interlocuteurs.
    Sortir des situations de blocages relationnels que l’on peut vivre en entreprise. J’ai d’ailleurs à ce sujet publié un court article sur comment surmonter le stress grâce à l’AT.

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