Et si vous stoppiez votre « pompe à stress » ?

 

Dans la série des phrases marquantes, je vous propose aujourd’hui celle d’Albert Einstein : « je ne connais pas de plus belle preuve de folie humaine que de vouloir obtenir un nouveau résultat en reproduisant systématiquement la même chose ».

Je l’adore ! C’est pour moi le bon sens même, appliqué à nos résistances au changement.

Depuis des années je forme des personnes à développer de meilleures relations avec leur entourage professionnel. Qu’il s’agisse d’en finir avec les conflits entre collègues ou de chercher à s’entendre avec un manager « tordu », je me suis aperçue que des mécanismes inconscients viennent polluer systématiquement la façon d’agir de mes stagiaires et les empêchent de réussir. Et que cela touche d’autres domaines que les relations interpersonnelles par exemple : l’organisation et la gestion du temps,  la réalisation de projets professionnels ou personnels.
Bref, j’ai fini par appeler cela nos peaux de banane personnelles et j’en ai trouvé une explication dans des ouvrages traitant de psycho. Elle s’appelle : « le cercle vicieux de nos croyances négatives. » Voilà qui en jette non ?

 

Pourquoi  se prend-on  soi-même les pieds dans le tapis ?

De façon extrêmement simplifiée, l’explication est que nous passons notre temps à induire dans notre comportement ce que nous pensons ou plutôt « croyons » à propos de la situation en question. Pour simplifier, un exemple : Imaginez le cas de Julie.

Le contexte : Julie[i] ne se sent pas à sa place au sein de son équipe. A plusieurs reprises elle a cru percevoir (à juste titre ou non ) du mépris ou du dédain dans le comportement de certains collègues à son égard. Elle se sent peu appréciée et reconnue. Comme chaque lundi, la réunion d’équipe doit se tenir, elle portera cette fois sur le prochain séminaire de cohésion d’équipe, chaque collaborateur étant invité à y apporter ses idées.

L’émotion de Julie : bof, elle n’a pas envie d’y aller ! « de toutes façons pense-t-elle, tout le monde se fiche de mon avis, alors à quoi bon… » Seulement voilà, elle n’a pas le choix, et se rend donc en réunion….à reculons !

Le comportement de Julie en réunion : peu encline à intervenir, Julie acquiesce au fil des interventions de ses collègues, soucieuse de ne pas apparaître en désaccord avec eux. Mais elle reste suffisamment en retrait sur sa chaise pour ne pas trop se faire voir et éviter d’attirer l’attention. Tout en elle est mobilisé pour se montrer : transparente.

La réaction induite sur ses collègues : face à quelqu’un de distant et en retrait, ceux-ci interprètent son attitude comme un manque d’intérêt ou d’implication, pire comme une absence totale d’idée sur le sujet. Bref, personne ne lui donne la parole. Quant au manager, soucieux de ne pas brusquer quelqu’un qui se met en retrait et ravi de pouvoir également gagner du temps, il se garde bien de solliciter son avis.

La conclusion pour Julie : encore une fois, la preuve est faite qu’elle n’intéresse vraiment personne, puisqu’aucun de ses collègue ni même le manager n’a daigné lui donner la parole.

CQFD ! C’est ainsi que Julie, par son comportement, (lui-même guidé par son émotion négative), a renforcé sa croyance négative, comme ce schéma le représente.

 

Comment s’en sortir ?

Je vois deux pistes pour agir : la première, vous vous attaquez à vos croyances.

Pour cela, programmez un travail sur vous-même, aidé(e) par un psy, pour mieux comprendre l’origine et les impacts de ces croyances négatives. Une bonne piste si vos croyances sont particulièrement limitantes et récurrentes.

La seconde  : vous ne vous attaquez pas aux croyances mais à vos comportements. Il s’agit de décider de changer de façon de faire.

Tout l’enjeu est  alors  de modifier  quelque chose dans vos comportements :

  • En osant exprimer vos opinions (comme aurait pu et dû le faire Julie en préparant sa réunion)
  • En osant dire non quand cela est nécessaire
  • En osant rester soi-même
  • Etc

Rompre avec vos comportements habituels provoquera une réaction différente de votre environnement et vous permettra petit à petit de modifier vos croyances. Elles pourront alors changer « de couleur » et avec elles nos émotions pourront également passer du négatif au neutre puis au positif.

 

Toutes ces croyances limitantes sont de formidables pompes à stress ! Elles nous bernent en plaquant sur notre environnement (par définition changeant) une forme de vérité absolue fondée sur des expériences dépassées ou des a priori sans autre fondement que nos interprétations.

Certes, cela peut être inconfortable (le changement n’est de toutes façons pas confortable) .
C’est d’ailleurs bien ce qui nous amène à « nager toujours dans le même sens », et avec les autres. Mais ça vaut le coup d’essayer non ? Au moins pour l’avoir tenté et en être fier (e)…

Qui a déjà osé ? Allez-y, faites nous partager vos expériences, vos changements…



[i] Toute ressemblance avec des personnages existant est purement fortuite !

Posted under: créativité, gestion des émotions, organisation, relations interpersonnelles

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2 comments

  • Martin on at said:

    Article très juste, sans oublier que quand nous changeons un comportement habituel, l’entourage personnel ou professionnel va lui aussi inconsciemment réagir en voulant nous « remettre à notre place » connue et prévisible par lui.

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